Indochine : “Musilac compte autant que le Stade de France”
19 juillet 2010
Indochine a effectué ce soir un retour remarqué à Musilac, huit ans après sa première apparition, portant la fosse de l’Esplanade du Lac à ébullition. L’occasion pour son leader, Nicola Sirkis, de faire le point sur la tournée qui fait suite au dernier album du groupe, La république des météores.
C’est la seconde fois que vous vous produisez à Musilac…
« Effectivement, nous avons ouvert le festival en 2002, et c’est avec un immense plaisir que nous revenons. Musilac a bien grandi, il a grossi, et semble même bien plus grand que le Stade de France. C’est bien qu’il existe un festival de rock en Savoie. Sa programmation 2010, avec des artistes comme White Lies, que nous adorons, mais aussi Paul Weller, Pete Doherty, ou Renan Luce, fait de Musilac l’un des festivals les plus rock en France. C’est une cure de rock très éclectique. Si les organisateurs rencontrent le succès avec ce genre de programmation, c’est que le public est tolérant ».
Après le Stade de France, est-ce difficile de rester motivé pour jouer sur des scènes mineures ?
« Bien au contraire, il est encore plus motivant de jouer devant 10 000 ou 20 000 personnes. Dans un festival, les spectateurs ne sont jamais acquis. Nous avons réussi un concert incroyable au Stade de France grâce au public, parce que nous avions 80 000 fans. Nous avons beaucoup plus à prouver ici ».
Vous tournez jusqu’au mois de septembre. Quels sont vos projets par la suite ?
« Nous dépouillons actuellement les bandes du Stade de France pour en faire un CD et un DVD qui devrait sortir en novembre. C’est un choc de découvrir ces images car nous n’avions pas vraiment conscience de l’ampleur du show. Après, tout va recommencer à zéro. Nous ne savons pas encore si nous allons avoir le talent et le courage de composer un nouvel album. Mais l’envie est là ».
Comment appréhendez-vous la fin de la tournée ?
« Je pense que nous ne nous rendons pas encore réellement compte qu’elle touche à sa fin. Nous verrons le 15 septembre au soir, après avoir joué le dernier morceau à Bercy. À nous de voir si nous avons envie que cela recommence ».
Que reste-il encore à créer dans l’univers d’Indochine ?
« La musique se renouvelle sans cesse, elle est infinie. Je pense qu’il nous reste surtout à faire encore mieux. Je trouve que nous n’avons pas encore composé nos meilleures chansons. Je suis toujours insatisfait même si je suis fier du chemin parcouru. La première fois que L’aventurier a été numéro un, je me suis dit que c’était une catastrophe car il allait falloir faire mieux. J’aime bien ne pas m’endormir sur mes lauriers ».
Quelle est la place d’un festival dans la tournée d’un groupe comme Indochine ?
« Les festivals n’ont pas grand chose à voir avec la tournée en elle-même. C’est un peu une sorte de récréation. C’est aussi un moment où le groupe est énormément jugé. Le moindre faux-pas est commenté. Aujourd’hui, les festivals français comme Musilac ont donné les moyens aux groupes de faire des bonnes scènes, avec du bon son. Nous sommes gâtés, mais nous nous investissons aussi beaucoup. Nous avons répété. Le public de Musilac compte autant que celui du Stade de France ».
Propos recueillis par Benoit Pavan
(Photo : musilac/arno-b.com).
